Rencontre avec Daphné Arias-Guillemette

En septembre 2026 nous accueillons en boutique les céramistes finissantes du DEC. Voici la collection de Daphné Arias-Guillemette, créatrice de DAG Atelier. Cette collection lui a fait décrocher le prix du savoir-faire lors de l'expo des finissantes de Bonsecours.

«Depuis les tout débuts de la technique, ce qui m'intéressait vraiment c'était la poterie précolombienne au Pérou puisque je suis à moitié péruvienne.
Depuis que je suis petite, j'adore feuilleter des livres sur le sujet.»

- pourquoi as tu décidé d'aller en céramique? Que faisais-tu avant?

J'ai étudié en création littéraire, criminologie, je me cherchais un peu. Finalement, j'ai gradué en communication, un baccalauréat. On peut dire que j'ai eu un début de carrière, j'ai travaillé là dedans 6-7 ans. Et puis je me suis tannée et j'ai fait un burn-out.

J'ai alors eu envie de me reconnecter à mon corps. Ce qui arrive à beaucoup de personnes je pense quand on est trop dans notre tête et que notre travail est très cérébral.
On était au début de la pandémie et je me cherchais une activité quand j'ai vu une publicité des Faiseurs haha.
Je me suis dit ''omg la poterie!''. Je ne connaissais pas ça, j'avais même pas vu le film ghost faque j'avais aucune référence de ce que c'était vraiment mais ça avait l'air le fun.

Mon seul contact avec de l'argile avait eu lieu dans un atelier d'art environ 3 ans avant ça mais c'était seulement pour jouer avec la matière.

Je me suis donc lancée et inscrite et ça a été un gros gros coup de coeur. Ça m'a obsédé, je ne voulais plus arrêter.
Je me suis inscrite à plein de cours, j'ai testé différents ateliers, j'avais toujours soif d'apprendre plus. C'est à ce moment là que j'ai vu qu'il existait un programme d'études là dedans et je m'y suis inscrite quelques minutes avant la clôture!
J'ai été vraiment contente d'y être acceptée.

Le programme est sur 3 ans mais je l'ai fait en 4 afin de pouvoir continuer de travailler à côté. Puisque c'est un diplôme cégépial, il est offert à un prix assez bas et j'ai donc pû le suivre sans pression.

Nous sommes actuellement dans ce studio nommé TRANSIT pour un an. L'an prochain on changera pour le studio Tremplin qui est juste à côté et également relié à Bonsecours. Cela nous permet de poursuivre notre exploration sans devoir s'équiper alors qu'on débute notre pratique. Après ça, ce sera le moment pour nous de voler de nos propres ailes, comme de grands adultes.

- Tu avais déjà quand même de l'expérience en céramique avant de commencer le programme à Bonsecours. Est-ce que ça t'a aidé? Est-ce qu'au contraire tu as réalisé que tu avais déjà pris des mauvaises habitudes?

Je pense que ça m'a aidé parce que aux Faiseurs j'avais eu Oriana comme prof et elle était également assistante de prof au Centre de céramique.
Je n'avais vu que du tournage, je n'avais jamais fait de façonnage ni de moulage et je pense que mon expérience m'a aidé. C'est certain que tu prends un peu de mauvais plis parce que c'est beaucoup du essai-erreur mais ça m'a aidé à mieux comprendre mes gestes et à les décortiquer.
Mais je ne pense vraiment pas que ce soit nécessaire pour s'inscrire au programme du CCB (Centre de Céramique Bonsecours) puisque plusieurs personnes découvrent la poterie lors du programme et sont super bonnes.

J'ai toujours aimé apprendre donc même les premiers cours où on apprend la base de la base ne m'ont pas frustré. Oui je voyais des choses que je connaissais déjà mais je venais avec l'idée que je n'étais pas bonne et que je voulais qu'on m'apprenne à être bonne.


- Qu'est ce qui a inspiré ta production, les couleurs que tu utilises? Pourquoi des grenouilles?

Alors, c'est beaucoup de choses en même temps. Depuis les tout débuts de la technique, ce qui m'intéressait vraiment c'était la poterie précolombienne au Pérou puisque je suis à moitié péruvienne.
Depuis que je suis petite, j'adore feuilleter des livres sur le sujet. J'ai un gros livre d'histoire péruvienne chez nous et je voyais tout le temps ces pièces là. Ça m'intriguait beaucoup.
Cette esthétique m'inspire énormément. Que ce soit dans les formes, dans le choix de certains traitements de surface aussi.
Puisque j'aime beaucoup les plantes, j'ai créé beaucoup d'objets en rapports avec ces dernières. Qui dit plantes dit biodiversité et aussi grenouille. Et j'ai beaucoup de souvenirs d'enfances reliés aux grenouilles.

J'ai beaucoup parlé de mon cheminement récemment et ça me fait réaliser que je puise beaucoup dans mes souvenirs d'enfance. Je pense que ça m'aide à aller chercher le bien être dans ma pratique.
On peut dire que depuis le jour 1 je savais que j'allais faire une grenouille. Il fallait que je fasse une grenouille. Je la voyais déjà.

Pour ce qui est des couleurs, j'aime beaucoup le mauve. C'est une couleur qui m'obsède. C'est aussi une couleur qu'on ne voit pas souvent en poterie. Je comprends maintenant pourquoi aussi (elle est difficile à atteindre et les pigments pour la fabriquer coûtent très cher). C'était vraiment une partie importante pour moi, je voulais le faire.
Je cherchais une couleur complémentaire et le vert s'est intégré naturellement.
Éventuellement j'aimerai ça en développer une troisième. Plus neutre. J'aime beaucoup les beiges chauds avec un peu d'oxyde de fer dedans. C'est dans mes projets d'explorer ça.

J'aime beaucoup les formes angulaires en tournage. le tournage c'est vraiment ma technique préférée. Encore à ce jour. Ça me fait rentrer dans un état de flow ou je dois juste penser à ce que mes mains font. C'est méditatif et l'argile, même si c'est cliché, est un peu un reflet de comment tu te sens.
J'aime aussi le défi que ça demande d'avoir différents angles, différentes courbes dans ta forme.
C'est ce qui m'a inspiré dans le reste de ma collection.

Daphé est récipiendaire du Prix du savoir-faire, remis lors du vernissage de l’expo-vente du Centre de Céramique Bonsecours.

Découvrez ses pièces en boutique durant tout le mois de septembre 2026!

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