As-tu toujours aimé enseigner? Qu’est-ce qui t’a poussé à vouloir devenir prof en plus de ta pratique?
Je n’avais jamais vraiment envisagé l’enseignement dans mon parcours personnel et professionnel avant Les Faiseurs. J’ai eu l’opportunité d’intégrer l’équipe d’enseignant.es à la
sortie de mes études au CCB (Centre céramique Bonsecours).
L’enseignement est définitivement un domaine très différent de la production céramique (dans le bon sens du terme). Cela nous permet de mieux verbaliser et de comprendre des gestes que l’on fait naturellement, par exemple, en tournage, tout en faisant preuve de patience et d’écoute envers nos étudiant.es.
Je trouve aussi très valorisant de pouvoir transmettre un savoir technique que j’ai acquis pendant plusieurs années, mais également une compréhension propre à la matière céramique à mes étudiant.es !
Depuis quand et quels types de cours enseignes-tu chez les Faiseurs ?
J’ai commencé à donner des cours chez Les Faiseurs au mois de novembre 2025. J’enseigne surtout des cours d’initiation au tournage pour débutant.es et, depuis quelque temps, des cours parent-enfant.
Comment définirais-tu ton style?
Je m’inspire énormément de la thématique de l’enfance, du jeu et du ludique dans ma pratique céramique, en y intégrant des souvenirs, des dessins simples et des formes spontanées afin de créer un univers qui m’est propre.
Dans un rapport de jeu à la matière, ma collection actuelle se présente comme un ensemble
d’exploration constant de gestes, mais aussi de décors par la fabrication de pièces à la fois utilitaires et sculpturales. Présentement, je travaille surtout en tournage et en façonnage, par la technique en colombin, l’intégration de motifs en terres colorés, mais aussi par le modelage de petites formes ludiques. Mon imaginaire tourne souvent autour de la figure du clown, du
papillon, de la fleur et bien sûr, de l’enfant. Bref, mes pièces s’inscrivent, dans un désir d’offrir, pour les grands et les petits, des pièces accessibles, sensibles, colorées, mais surtout ludiques.
Comment fais-tu pour rester créative et ne pas "tourner en rond"?
Ce n’est pas toujours facile, mais j’essaie le plus possible de créer sans pression. Dans un rapport de jeu à la matière, je m’offre de grandes périodes d’exploration à la fois de décors et de formes, et ce, au travers de ma production d’objets en série. Je tente aussi de ne pas me limiter à certains types d’objets et d’explorer aussi des formes plus sculpturales et originales en façonnage, notamment par la technique au colombin et l’intégration de petits modelages.
J’accorde aussi une très grande importance aux thématiques centrales à mon travail, qui deviennent des lignes directrices à ma pratique. En effet, l’univers de l’enfance et la thématique du ludique m’offrent la possibilité de créer des pièces très personnelles en m’inspirant de ma propre réalité, mais aussi en accordant une importance particulière aux couleurs par le décor, mais aussi aux formes et aux gestes propres à ceux de l’enfant. Finalement, j’essaie de toujours remettre mon travail en question (d’un point de vue positif), notamment en allant chercher de nouvelles sources d’inspiration dans mon entourage et en explorant diverses techniques de fabrication, dans le but de toujours pousser ma pratique plus loin.
Si tu devais imaginer ton atelier de production de rêve, il serait où et ressemblerait à quoi?
Définitivement un local lumineux, aéré et en contact avec la nature, peut-être au bord de l’eau en Gaspésie ou ailleurs dans le monde. Idéalement, un lieu propice à la création, autant
sculpturale qu’utilitaire. J’imagine aussi un espace dédié à la documentation, avec des ouvrages artistiques, des œuvres d’art et une immense collection de pièces céramiques comme sources d’inspiration.
Qu’est-ce qui t’a poussé à étudier la céramique? Parle-nous de ton parcours.
C’est au cours de ma dernière année d’études en Arts visuels à l’UQAM que j’ai commencé à m’intéresser à l’artisanat et à la réappropriation de techniques traditionnelles dans une
approche plus contemporaine de la matière, d’abord par le textile, au travers de thématiques sur la mémoire et l’enfance, puis par la céramique. À ce moment-là, il était devenu important
pour moi d’intégrer une pratique artistique plus formelle dans mon quotidien, par une exploration concrète de la matière. C’est ainsi que, à la suite de l’obtention de mon diplôme
universitaire, j’ai décidé de m’inscrire à la technique en céramique offerte par le Centre de
céramique Bonsecours afin d’enrichir cet intérêt pour le fait main. Par l’apprentissage de nouvelles techniques de même que par l’immense potentiel créatif de l’argile, le programme est venu répondre à ce désir d’offrir des pièces utilitaires, mais aussi sculpturales, au travers de la thématique de l’enfance et du ludique. Aujourd’hui, la céramique est pour moi à la fois une
passion, un métier, mais surtout un moyen d’expression.
À la fin de ses études, Audrey a remporté deux prix pour sa collection:
- Prix PSH soulignant la créativité
- Prix Coup de cœur du public
Suivez le travail de Audrey sur les réseaux sociaux. Ses produits sont disponibles en boutique jusqu'à la fin du mois de juin.